
Comme souvent avec les projets sur lesquels je travaille, une fois terminé je vous fais un petit article de Making Of. De mon côté ça me permets de faire un bilan, et du votre de découvrir l’envers du décor. De plus le projet est en financement actuellement donc si cet article vous a plu n’hésitez pas à visiter la page GameOnTabletop.
Attention Le livre des morts étant un livre d’horreur, il est possible que ls visuels postés sur cette page soient choquants pour certains.

Petite introduction
C’est en 2023 que le projet a vu le jour, sous l’impulsion de Jérôme Ruffier, l’auteur du livre, et Shuky éditeur chez Makaka Editions. Celui-ci a tout de suite été accepté, mais ce n’était que le début ! Car 2 ans de développement seront nécessaires pour mener à bien ce projet jusqu’au bout, des années intenses mais le résultat est enfin là (et j’espère qu’il vous plaira).

Tout commence par un trait …
Le livre des morts est avant tout un livre horrifique où les « monstres » ont une place importante, j’ai donc commencé par des recherches graphiques sur ces derniers (mais pas tous, il fau ménager le suspens).


Recherches de styles
C’est surement la partie qui a prise le plus de temps, celle de trouver le style graphique adéquat pour le livre, vu son genre, mais aussi qui convienne à la ligne éditoriale de Makaka Editions.
Petit florilège des planches d’essais :
J’ai commencé par une illustration simple pour tester le style, à partir des références sélectionnées.

Autre essai avec un autre décor et avec des variations légères :

Un essai pour mettre en avant des éléments précis :

Et pour voir, car il ne faut pas laisser de côté les idées, des essais avec de la couleur vive :

Avec tout ceci (et il n’y a pas tout, car d’autres choses ont été tenté), on avait déjà pas mal d’éléments pour choisir le style. Il était temps de passer à l’étape suivante.
Les premiers croquis d’illustration
Grâce aux descriptions détaillées de Jérôme j’ai pu débuter les croquis rapidement après. Il y avait 50 illustrations à faire, donc il fallait s’y mettre au plus vite.

A partir de ce croquis, que j’envoie à Jérôme, il vérifie si aucun élément ne manque, ou si des erreurs ne se sont pas glissées. Dans ce cas là, je pars en correction, suivi d’un nouvel envoi. Si le croquis est ok, je passe à l’étape suivante, l’encrage :

Les chiffres et les indices
Même si toutes les illustrations ne possèdent d’indices ou d’éléments cachés, certaines demandent des astuces pour les intégrer et surtout des paramètres affinés pour faire en sorte qu’ils soient ni trop visible, ni trop dissimulé. Ce fut une grande source d’angoisse, d’essais et d’allers-retours, entre Shuky, Jérôme et moi. Donc si jamais vous avez du mal à en trouver certains, je suis sincèrement désolé car c’est un peu de ma faute …
Pour se rendre compte de la méthode employé, voici un croquis descriptif

La suite, la mise en « couleur »
Dès que l’encrage est terminé, et vérifié une nouvelle fois pour être sûr de n’avoir rien oublié, la suite pointe le bout de son nez avec la mise en « couleur ». Alors oui j’utilise des guillemets car en fait je n’utilise que du noir et du blanc. Fusain, pastel, crayon noir et poudre de graphite pour le noir et pastel, crayon blanc et encre blanche pour le blanc justement. Sans oublier les estompes, les chiffons, les gommes (classiques et électriques) et la star : le papier brun (là aussi le choix fut compliqué).

Vous l’aurez compris, tout est fait à la main. Ou presque, car en plus du scannage, il y a les retouches pour rendre le fichier scanné le plus proche possible de l’illustration initiale, sans oublier parfois quelques retouches en cas d’erreur. Au final les illustrations sont faites environ à 95% à la main.
Ces ajustements de contraste et de lumière ne sont pas purement esthétiques, ils sont aussi indispensables pour la lisibilité ludique car il faut s’assurer que les indices cachés sont bien visibles sans être trop évidents et que l’ambiance ne nuit jamais à la clarté du gameplay. Un exemple du travail de luminosité effectué pour trouver le bon équilibrage qui passera à l’impression.

La couverture
Pour le coup j’étais un peu partie bille en tête pour la couverture avec un design totalement différent pour ce personnage.
Ce qui ne m’a pas empêché de faire des essais numériques rapides pour mieux déterminer les éléments importants. Du coup je trouvais intéressant de vous mettre ce petit florilège.

Le mot de la fin
Je vous mentirais en vous disant que ce projet fut simple à mener de bout en bout, mais pour autant il fut hyper intéressant d’un point de vue artistique personnel, j’ai pu essayer d’autres choses, développer des techniques, bref ce fut très enrichissant. Et je suis vraiment heureux que le livre sorte en 2026 pour voir le résultat final, une fois imprimé et dans mes mains.
Si vous voulez avoir la même chance que moi, n’hésitez pas à participer à la campagne GoT (j’ai entendu dire que 50 livres seront même dédicacés, mais chut !).
